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Goût et halitose

C’est la langue qui permet d’identifier les différentes saveurs des aliments. Elles sont au nombre de quatre seulement :

- goût sucré,
- goût salé,
- goût amer,
- goût acide.

Chaque saveur correspond à une zone sensible de la langue et, probablement, à un certain type de bourgeon du goût.

Il y a 3 000 papilles sur la langue.
Ces papilles gustatives, caliciformes et fongiformes renferment des bourgeons gustatifs en relation avec le nerf du goût (nerf lingual et nerf glossopharyngien) qui conduisent les messages nerveux gustatifs à l’aire cérébrale du goût où ils sont enregistrés et reconnus plus ou moins rapidement.
Le cerveau crée des représentations neuronales, comme des « cartes ».
Ces cartes s’adaptent si une partie du cerveau ou l’organe sensoriel est endommagé.
Les bourgeons gustatifs sont sensibles à certaines substances liquides ou solides solubles dans la salive.
La salive dissout les aliments, en libère les saveurs et permet de les mettre en contact avec les papilles gustatives. (1-2)

Le goût sucré se trouve tout de suite, dès le contact avec la langue.
Les goûts salés et acides sont également perçus rapidement, mais ont davantage de persistance.
Le goût amer est lent à se développer, mais il augmente et demeure longtemps en bouche.

Les différentes études montrent que les cinq sens sont utilisés pour évaluer pleinement le goût.
Le goût et l’odorat sont indissociables parce qu’ils interviennent lors de l’alimentation. (3)
Le sens du goût s’affine avec l’âge.

Les scientifiques pensent que certains dysfonctionnements alimentaires pourraient être liés à des changements de l’état du corps – stress, cycles hormonaux, dépression ou malaise – qui se traduisent dans le cerveau par une altération de la carte sensorielle. (Article à lire dans PNAS).


La perte du goût peut elle être liée à l’halitose ?

Il peut être altéré par l’abus de plats épicés, d’alcool, de tabac. Certains médicaments interfèrent sur le goût.
Les mycoses buccales, les rhinites, sinusites et la sécheresse buccale peuvent aussi le modifier.
La perte de goût peut être causée par :

- la dégénérescence des papilles gustatives, le stimulus ne contacte pas la papille gustative.
- les traitements médicamenteux (diurétiques, bétabloquants, pénicillines, métronidazole, antifongiques, anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs, anticonvulsifs) (4).
- les carences nutritionnelles en zinc (par dysfonction de la gustine : enzyme dépendante du zinc)
- la diminution du flux salivaire (xérostomie) : problème dont la cause peut être médicamenteuse.

L’halitose peut être associée à une perte du goût lorsque la mauvaise haleine a pour origine :

- une sécheresse buccale
- une sinusite, une rhinite
- une candidose buccale
- le tabagisme ou l’alcoolisme

N’hésitez pas à en parler avec votre médecin traitant et avec votre chirurgien dentiste. Tous deux vous aiderons à trouver des solutions pour résoudre ces problèmes.


Bibliographie :

1. Ackermann BH, Ksbekar N. Disturbances of taste and smell induced by drugs. Pharmacotherapy 1997; 17(3) : 482-96.
2. Smith RG, Burtner AP. Oral side -effects of the most frequently prescribed drugs. Special Care in Dentistry 1994; 14(3): 96-102
3. Schiffman SS. Taste and smell in disease (first of two parts). New Engl
Med 1983; 308(21):1275-1279
4. Ratrema M, Guy C, Nelva A, et al. Troubles du goût d’origine médicamenteuse: analyse de la Banque Nationale de Pharmacovigilance et
revue de la littérature. Thérapie 2001; 56 : 41-50

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